Non cet article ne sera pas un article coup de gueule, rassurez-vous. Tout va pour le mieux, enfin tout allait pour le mieux. Ça c'était avant que je ne me réveille avec la paralysie de Bell. Ça fait peur dit comme ça, mais moi la seule chose que j'ai d'abord remarqué c'est la drôle de façon dont j'ai craché en me lavant les dents. J'ai même rigolé.

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Les heures passent, je grimpe une montagne pendant plus de 3h (je vous partagerai bientôt mes vidéos #ofcourse), mais il y a tout de même quelque chose qui cloche (Bell, cloche.. je suis la reine des jeux de mots): mon sourire vire sur la gauche, mes muscles faciaux droits ne répondent plus correctement, ils sont faibles et de plus en plus indolores.

Allons bon, loin de moi l'envie de vous écrire un article pour vous inquiéter ou pour vous raconter tous mes malheurs. La seule chose que je peux vous demander c'est de prier pour que je ne ressemble pas à un Picasso toute ma vie ("50% de chance de ne plus avoir aucune séquelles, 25% d'en garder un petit peu et 25% autres de rester comme je suis actuellement").

Il faut voir les choses du bon côté, même si j'ai très mal au cou, que je ne peux plus complètement fermer mon œil droit (que je dois couvrir en mode "pirate" à l'occaz) et que je bave quand je bois, au moins ils me dopent à l'hôpital.

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Ah l'hôpital.. loin d'être une mince affaire. C'est seulement vers 17h hier que j'ai donné l'alerte, paniquée à l'idée que ça soit un AVC ou quelque chose dans le genre. La concierge appelle le 'samu' pour moi, on me pose plein de questions que j'ai du mal à comprendre, on doit me rappeler dans les 3h pour me dire si oui ou non j'ai besoin de voir un médecin. 19h45, toujours rien. Les filles m'accompagnent, on retourne en bas, c'est reparti pour un championnat de questions. Je décroche enfin un RDV avec un doc à 23h à Stirling. Autant dire que si je devais mourir, j'aurais pu y aller plus vite à pied, à l'hôpital. Faut pas être pressé en Écosse, et faut le savoir ! L'université me paye le taxi aller-retour, enfin "me paye" c'est un grand mot parce que je devrai les rembourser lundi.

On arrive dans un tout petit et vieil hôpital, on n'est pas couchées. Un docteur met enfin le doigt sur ce que j'ai. C'est viral, ça vient tout seul du jour au lendemain, il n'y a rien à faire à part prendre des corticostéroïdes. C'est bien comme ça je pourrais en monter des montagnes vu la dose de cheval de stéroïdes qui m'attend. Le doc décide de me transférer vers un plus grand hôpital, "transférer" c'est encore un bien grand mot puisque je dois y aller par mes propres moyens. Je n'avais jamais autant pris le taxi de ma vie.

A 1h du matin on arrive dans cet immense hôpital, ils me gardent pour la nuit mais refusent que Gaëlle et Hind restent avec moi, trop triste, #jeveuxrentrerchezmoi! Prise de sang, CEG, test des réflexes, l'infirmière est adorable et rassurante. Je m'endors de fatigue un peu dépassée par les événements, je n’ai jamais dormi dans un hôpital et il faut que ça m'arrive en Écosse. C'est à 3h30 que je vois enfin un médecin, dans les vappes, il me fait des tests et m'explique ce que j'ai.

Je serai ensuite réveillée à 5h30 par "ma tante", qui est en fait la dame en charge de mon dossier d'assurance à la Smeco, et oui, ça aussi c'est important.

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Bon, je ne vous embête pas plus avec tout ce blabla médical. Le moral, ça va, à condition que je ne reste pas comme ça indéfiniment. Sinon, finie la vie sociale ! Impossible de sortir manger en public, avec des amis, idem pour boire un coup (sauf si la paille est fournie).

Je ne peux plus rigoler à pleines dents, et ça franchement c'est con, ça rend niais ce petit sourire en coin, mais je peux pas en faire plus !

Impossible d'avoir le Wi-fi dans ces deux hôpitaux, on est quand même en Écosse ! et c'est la première fois que je me retrouve autant en galère Wi-fi, allons bon, 1010 m'a sauvé des griffes de l'ennui. Ah oui, y avait pas de réseaux non plus #FML

J'ai "volé" (disons que j'ai pris) deux shortbreads trop délicieux pour remercier les filles ! c'est tout ce que je pouvais faire aussi. J'aurais pu repartir avec l'oreiller, les nôtres sont nazes, mais j'avais pas mon sac à dos, et je suis pas comme ça !

Après 3 voyages en taxi, priez pour que la note qui m'attend ne dépasse pas les 100£. Et on a rencontré le meilleur taxi driver de tous les temps "taxi papy", trop cute/gentil/adorable/mimi qui nous a bien aidées et qui ne nous a pas laissées dans notre galère...

Un dernier fun fact et après je vous laisse glander (c'est dimanche alors je sais que vous glandez !) : le nom de la maladie Paralysie de Bell, vient du nom de Charles Bell, un Écossais. Et c'est en Écosse qu'une étude a été menée sur la maladie. Autrement dit, c'est pas le genre de catastrophe qui aurait pu m'arriver en France, j'ai l'impression.

 

Quelques photos, parce que oui, ça fait partie de ma Scottish Experience et parce que je commence bien le printemps...

 

piqure et sourire, dédicace à tous mes bienfaiteurs de la nuit, Écossais et Français (et Italienne), bisous

 

Maud

Sur la première photo prise le matin même, mon côté gauche répond bien, mon côté droit lui m'a unfollow...
Sur la première photo prise le matin même, mon côté gauche répond bien, mon côté droit lui m'a unfollow...Sur la première photo prise le matin même, mon côté gauche répond bien, mon côté droit lui m'a unfollow...
Sur la première photo prise le matin même, mon côté gauche répond bien, mon côté droit lui m'a unfollow...

Sur la première photo prise le matin même, mon côté gauche répond bien, mon côté droit lui m'a unfollow...

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